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LE SYNDICAT

« Le fonds de soutien, c'est le socle » : le SNRL défend les radios associatives au Festival de l'info locale


Invité de la table ronde « Les pouvoirs publics doivent-ils soutenir les médias locaux ? » au Festival de l'info locale (FIL) 2026 à Nantes, Sylvain Delfau, président du SNRL, a défendu le maintien du FSER au niveau national et rappelé le rôle démocratique des quelque 800 radios associatives. Animé par Gilles van Kote (Le Monde), le débat réunissait aussi Johanna Rolland, maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole, Aurélie Rousseau, coprésidente de Locales TV et présidente de Ouest Médialab, et Pierre Petillault, directeur général de l'Alliance de la presse d'information générale.


Le FSER, un socle vieux de 40 ans

Le Fonds de soutien à l'expression radiophonique locale (FSER) représente en moyenne 40 à 60 % du budget des radios associatives. Menacé de coupes importantes en 2024 puis en 2025, il n'a été maintenu que grâce à la mobilisation du syndicat, des radios et de leurs relais. Au moment où s'ouvre l'examen du projet de loi de finances, Sylvain Delfau a rappelé d'où vient ce fonds.
« Le deal de départ, c'est la loi de 86, qui disait : vous ne touchez pas à la publicité locale, et en échange, on vous donne ce fonds de soutien pour pouvoir faire votre métier d'info locale. C'est le truc qui est là depuis 40 ans », a-t-il expliqué, à l'approche de cet anniversaire, en septembre 2026.
Depuis, la taxe qui alimentait le fonds a été réintégrée au budget de l'État, puis supprimée. Pour le président du SNRL, l'argument selon lequel les radios pourraient « faire autrement » ne tient pas : « Ce fonds, c'est la base, le socle de nos radios associatives. Ça fait 20 ans qu'on fait des efforts, ça fait 20 ans que l'enveloppe n'a pas augmenté, ça fait 20 ans qu'on va chercher d'autres budgets. Quand on nous dit qu'il faut se serrer la ceinture : nous, ça fait plus de 20 ans qu'on se serre la ceinture. »
 

Diversifier les soutiens, sans régionaliser le fonds

L'animateur a demandé si les collectivités territoriales ne pourraient pas prendre le relais de l'État. La réponse de Sylvain Delfau est claire : le SNRL s'oppose à une régionalisation du FSER. L'exemple des Pays de la Loire, où la Région a coupé ses subventions à la culture et aux radios associatives, montre selon lui le risque : « À un moment donné, ça ne fonctionne plus. Il y a quelqu'un qui décide de ne plus donner de subventions, et ça déstabilise le budget d'une radio associative. »
Le soutien local reste pourtant essentiel. Sylvain Delfau a salué la vitalité des médias nantais, fruit d'un choix politique, et rappelé que son propre engagement syndical est né lors d'un congrès organisé à Nantes en 2010. Pour lui, il faut tenir les deux bouts : « Le fonds de soutien, c'est le socle. Mais il faut aussi travailler en local, parce qu'on est presque 800 radios associatives, en métropole mais aussi en outre-mer, avec des projets à chaque fois différents. »
Il a résumé cette logique par une image : « C'est comme une entreprise. Une entreprise n'a pas qu'un seul client, ça, c'est la base. Il faut plein de clients, parce que s'ils s'en vont, l'entreprise ferme. »
Interrogé sur les dons, il a souligné qu'ils restent marginaux dans le budget des radios, contrairement aux États-Unis, où « le mot communautaire n'est pas un gros mot ». La force des radios associatives est ailleurs : environ 3 000 salariés — plus que les radios commerciales dans la convention collective — et 30 000 à 40 000 bénévoles chaque année. « Nos radios, ce sont des radios citoyennes. On parle aux gens, mais on est les gens du territoire. »
 

Un écosystème radio qui fait front

Le débat a aussi porté sur le partage de la valeur avec les plateformes numériques. Pour Sylvain Delfau, la radio dispose déjà d'un outil à l'échelle européenne : Radioplayer, la plateforme commune de la radio, disponible sur les téléphones et dans les voitures. « Je pense que c'est le bon véhicule pour négocier, parce que c'est européen et que, chacun, on est tout petits. »
Les attaques contre le FSER ont rapproché les familles de la radio. « C'est la première fois qu'il y a des communiqués de presse où les radios associatives, les radios commerciales locales et les radios privées nationales signent ensemble », a-t-il relevé. « C'est un écosystème, et s'il y a un pion qui est enlevé, comme la radio associative, ça déstabilise tout le monde. »
Radioplayer a sans doute des défauts, a-t-il reconnu, mais l'outil existe : « Il va falloir vraiment passer la vitesse supérieure. »
 











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