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LE SYNDICAT

François Zo'Omevélé nous a quitté



François Zo’Omevélé, notre Délégué Régional Bourgogne-Franche-Comté, est mort des suites de la Covid. Affaibli par cinq mois de coma, il a été frappé d’un infarctus fatal alors qu'il était en rééducation. Profondément attaché au syndicat, il venait d’indiquer qu’il souhaitait reprendre du service en tant que Délégué Régional, et poursuivre son engagement au sein l’UDES régionale, au service de l’économie sociale et solidaire. Fidèle parmi les fidèles, de tous les Congrès, nous gardons le souvenir d’un homme jovial, bienveillant, chaleureux et engagé.
 
Camerounais, ancien professeur de Lettres, il est arrivé en France en 1974 et il reprend ses études supérieures de philosophie, en les finançant comme ouvrier, manutentionnaire, puis boulanger. Il devient éducateur spécialisé pour les enfants handicapés. Il s’est très tôt engagé à Radio Sud Besançon comme animateur, et puis s’engage comme secrétaire de l’association. Il en devient vite l’une des chevilles ouvrières, et multiplie les engagements, parallèlement à une activité de  journaliste pigiste pour la presse africaine.
 

Un « passeur de passion »

RSB est une radio issue de l’immigration ouvrière des années 80, notamment dans le textile avec les Rhodia et les Weil, mais aussi avec les sous-traitants de l’industrie horlogère Lip et Kelton. A la fin de la crise industrielle, la radio associative s’est modernisée et professionnalisée en restant attachée à ces racines : jusqu’à ce qu'il soit terrassé par la Covid, François, devenu retraité actif, formait la  relève avec passion et dévouement au coté du président de la radio Kamel Hakkar : c’était l’un de ces précieux « passeur de passion» comme les radios associatives les cultivent : apprécié de toutes et tous. Chapeau François !

« Le Journal du Cameroun » média en ligne de référence à Yaoundé, à demandé à François de présenter lui-même son engagement, et son émission phare sur RSB :  « Mbolo ».
« L'aventure avec la radio a commencé à Strasbourg en 82. Un jour, une journaliste d'une radio est venue me voir cherchant un interlocuteur : elle voulait parler du vingtième anniversaire de l'Organisation de l'Unité Africaine.  Au sortir de l'émission, le directeur de la radio m'a demandé de faire des émissions africaines pour sa radio. Dès lors, le virus de la radio ne m'a plus quitté. C'est comme ça que je me suis formé, sur le tas. Et quand je suis venu m'installer à Besançon, il y avait une radio qui correspondait à ma passion :  Radio Sud Besançon. "Africa Mbolo" ou  "Bonjour l'Afrique", une émission hebdomadaire est née comme ça. Je transporte mes auditeurs et je suis le « capitaine » . C’est un moment de rencontres. L'idée, c'est une émission sur l'Afrique faite par des Africains. Les médias racontent souvent n'importe quoi et il y a une tendance à faire de n'importe quel ressortissant français ayant vécu ou passé du temps en Afrique, parfois quelques jours, un spécialiste de l'Afrique. Et puis il y a  l'"Heure du Gospel", une passion personnelle qui pour moi est un témoignage, une occasion de valoriser l'africanité de cette louange devenue universelle. Il  nous arrive d'avoir régulièrement des invités comme les Golden Gate Quartet, Georges Seba et le Chœur Gospel de Paris, Gisèle Yango et le Groupe K, le talentueux Ekang Elie...  Il y a aussi différents moments d'information avec des correspondants d'autres radios en France et en Afrique Danielle Georgia Mevono Ngono, de Radio Lumière à Yaoundé, sans oublier l'incontournable Boum Boum Fire de la CRTV. Sud Ebolowa. Se sont aussi des entretiens avec des écrivains, des peintres, des hommes politiques, mais aussi des Africains peu connus qui innovent, des ambassadeurs, des ministres, des étudiants, des stagiaires, et hommes d'affaires africains, et aussi cote à côte…  des travailleurs des sans-papiers ! Sans oublier beaucoup de Français qui aiment l'Afrique et œuvrent pour elle. Nous avons des partenariats avec plusieurs radios au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Mali, et au Congo Brazzaville (1) Ces échanges sont toujours enrichissants et permettent à nos auditeurs de voyager par les ondes, j'en suis fier ».
 

Le cérémonie d’adieu à eu lieu au Temple du Saint Esprit haut lieu de la communauté réformée de Besançon : la communauté, massivement mobilisée en présence des autres cultes, à rendu un dernier hommage à François unanimement apprécié.

Le Syndicat National des Radios Libres tient a remercier le personnel du CHU de Besançon, ainsi celui du Centre de Réadaptation de Quingey très impliqués auprès de notre camarade, pour leur attention affectueuse de tous les jours. A son épouse Annie, a ses enfants et petits enfants Gilles, Nina, Macha, Aaron et Joachim, a Gisèle la maman de ses enfants, à sa famille et sa communauté en France et au Cameroun, et à l’équipe de Radio Sud Besançon très  marquée par la perte d’un ami et d’un collaborateur, le Syndicat National des Radios Libres leur adresse ses condoléances les plus attristées.
Emmanuel Boutterin



(1) NDLR : Il s'agit de radio membres de l'Association Mondiale des Radios Communautaires (AMARC)
 











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